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Gianfranco Grompone, ancien élève du lycée français de Montevideo (Uruguay)

Gianfranco Grompone

  • Lycée français de MontevideoUruguay  : 1979  à 1993

Avez-vous fait toute votre scolarité dans une école française ?
En quelle année l’avez-vous quittée ?
Et le cas échéant, quel(s) diplôme(s) ?

Oui, j´ai commencé dès la maternelle (1979) au Lycée français de Montevideo et je l´ai quitté après le baccalauréat en 1993. J´ai passé le brevet des collèges en 1990 et ensuite j´ai poursuivi en première S et terminale D (vieille terminologie…). J´ai donc passé quinze ans dans l´établissement. J´ai fini ma scolarité avec le baccalauréat série D mention très bien, ce qui m´a permis d´obtenir une bourse d´Excellence de l´AEFE pour poursuivre mes études en France, dès la rentrée 1994. J´ai aussi suivi l´enseignement correspondant au baccalauréat uruguayen, ce qui par la complémentarité avec l´enseignement français a été un atout pour mon avenir.

Votre scolarité dans une école française a-t-elle correspondu à une histoire ou une tradition familiale particulière ?

Non, plutôt à la bonne réputation et à la qualité de l´enseignement donné au Lycée français de Montevideo. Ma famille étant toute d´origine italienne, le choix d´une scolarité française a été notamment déterminé par des critères de rigueur et de qualité d´enseignement plutôt que par des raisons historiques ou familiales particulières. Ce qui, par ailleurs, a été le cas pour d´autres collègues uruguayens de ma génération.

Quel a été ensuite votre parcours d’études ? Votre parcours professionnel ?

J´ai poursuivi mes études par une classe préparatoire maths-sup bio et maths-spé bio au lycée Henri-IV à Paris (1994-1996). J´ai ensuite intégré l´École nationale supérieure agronomique de Rennes (ENSAR) où j´ai obtenu les diplômes d´agronomie générale (1998) et d´ingénieur agronome spécialisation biochimie et génétique appliquées (1999) en même temps qu’un DEA génétique et productions animales de l´université de Rennes-ENSAR. En novembre 1999, j´ai commencé ma thèse de doctorat que j´ai terminé en novembre 2002 : doctorat de l´ENSAR en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire, grâce à l´obtention du concours d´attaché scientifique contractuel de l´INRA, au laboratoire de Génétique microbienne de Jouy-en-Josas en région parisienne. J´ai ensuite réalisé mon post-doctorat à l´Institut Pasteur de Paris, au laboratoire Pasteur-INSERM du Pr. Philippe Sansonetti (2002-2005). Ensuite j´ai été recruté en tant que docteur-ingénieur par Danone Research, dans le centre de recherches Daniel Carasso à Palaiseau (2005-2010). Depuis 2007 j´ai commencé à développer des projets en commun avec l´Institut Pasteur de Montevideo, jusqu´au mois de juin 2009 où j´ai pu être expatrié en tant que « Senior Science Manager LATAM » pour Danone au sein de l´Institut Pasteur de Montevideo. Je suis en plus responsable de l´Unité de valorisation scientifique de l´Institut.

Pensez-vous que votre scolarité dans une école française a eu une influence sur vos choix d’études ? Sur votre projet professionnel ?

Ma scolarité dans une école française a surtout permis de me sensibiliser à la culture française dans plusieurs dimensions. Elle est désormais présente dans ma vie quotidienne. En ce qui concerne mes choix d´études et professionnels, elle m´a donné le goût d´une approche scientifique, d´une rigueur et d´une méthodologie qui m´ont profondément marqué à jamais.

Quels ont été, selon vous, les apports principaux de votre scolarité dans une école française ?

D´une part, la scolarité « à la française » m´a donné la possibilité d´appréhender systématiquement des disciplines très diverses, même au sein d´une filiale scientifique, sans me laisser dépasser par la charge de travail. Elle m´a permis de cultiver un sens de l´organisation et une méthodologie face aux difficultés qui m´ont énormément aidé dans ma vie professionnelle ultérieure. De plus, cette formation m´a enseigné à synthétiser des concepts divers, provenant de différentes sources, dans un travail cohérent de par sa syntaxe et clarté. Cela m´a beaucoup aidé dans ma carrière scientifique.

Quel a été, pour vous, l’apport de l’école française dans le domaine de l’apprentissage des langues ?

L´école française a su me donner un apprentissage intégré (phonétique, culturel, de civilisation) d´abord du français et ensuite de bonnes bases en anglais, que j´ai dû approfondir certes tout au long de mes études en France. Grâce à l´école française, en plus de l´espagnol et de l´italien présents à la maison, le français et l´anglais étaient présents à l´école… Cet environnement multilinguistique a été très profitable dans ma formation, dans mon travail et dans ma vie.

Que pensez-vous des valeurs transmises dans le cadre de la scolarité dans une école française à l’étranger ?

Les valeurs qui m´ont été transmises m´ont permis tout d´abord de m´intégrer parfaitement en France lors de mes études d’abord et lors de mon insertion professionnelle ensuite. De plus, les valeurs de la culture française, le respect de la différence et le goût pour le débat m´ont aussi beaucoup aidé par la suite. Enfin, le contact avec des collègues ou des professeurs français m´a aussi beaucoup éclairé quant à mes choix professionnels ultérieurs. Certains de mes profs de l´époque sont devenus par la suite des amis que je fréquente encore, un peu partout sur la planète…

L’école française que vous avez fréquentée vous a-t-elle semblée ouverte à l’environnement social et culturel local ?

Le Lycée français de Montevideo n´a pas été une école uniquement de « Français à l´étranger ». Au contraire, elle a été (et elle l´est toujours aujourd´hui) ouverte à la communauté locale. De plus, un certain nombre d´activités innovantes (sorties culturelles, travaux pratiques en situation, etc.) m´ont permis de m´insérer dans le milieu local grâce à l´école. À l´heure actuelle, j´ai déjà reçu à l´Institut Pasteur de Montevideo trois stagiaires de troisième pour le programme de découverte de l´entreprise. Donc je suis heureux de constater que ces programmes innovants se perpétuent.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes en matière d’orientation scolaire et professionnelle, compte tenu de votre expérience ?

Au-delà des méthodologies et de certaines affinités particulières, le plus important est d´écouter son cœur et de suivre ses tripes ! Tous les choix sont valides et valables, à condition qu´ils soient vécus avec passion. De plus, si les nouvelles générations d´Uruguayens peuvent profiter des programmes de bourses du gouvernement français, ils constituent une véritable source de richesse professionnelle, de formation et surtout d´expérience humaine. Bref, si c´était à refaire, je le referais sans hésiter !

L’école française : un bon souvenir ? Des regrets ?

Surtout un bon souvenir et une empreinte à vie dans mon cas… D´ailleurs, dès que le travail me le permet, j´essaie d´y retourner pour revoir mes anciens profs, certains amis ou de nouveaux collaborateurs...