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Témoignage de Corinne Chan, ancienne élève du lycée français de Tananarive, Madagascar

Corinne Chan

  • Lycée français de TananariveMadagascar

Avez-vous fait toute votre scolarité dans une école française ?
En quelle année l’avez-vous quittée ?
Et le cas échéant, quel(s) diplôme(s) ?

Oui.

En 1986 avec le baccalauréat.

Votre scolarité dans une école française a-t-elle correspondu à une histoire ou une tradition familiale particulière ?

Mes grands-parents étaient arrivés à Madagascar pendant la colonie. Ma mère désirant poursuivre ses études a dû être naturalisée pour pouvoir intégrer un établissement français. Elle-même devenue professeur dans le système éducatif français, il était naturel et logique pour mes parents de scolariser leurs enfants dans une école française.

Quel a été ensuite votre parcours d’études ? Votre parcours professionnel ?

Bachelor of Business and Administration -Schiller University in Paris Maîtrise de langues et civilisation étrangères : Anglais – Paris III. Sorbonne nouvelle. Capes d’anglais. Professeur d’anglais au collège George-Sand Paris 13e Professeur d’anglais- formatrice au lycée français de Tananarive- Madagascar

Pensez-vous que votre scolarité dans une école française a eu une influence sur vos choix d’études ? Sur votre projet professionnel ?

Très certainement.

Quels ont été, selon vous, les apports principaux de votre scolarité dans une école française ?

Un esprit d’analyse et de synthèse, un esprit critique. Une ouverture d’esprit et une grande capacité d’adaptation.
Les valeurs républicaines et la compréhension de l’évolution de la société française.

Quel a été, pour vous, l’apport de l’école française dans le domaine de l’apprentissage des langues ?

L’apprentissage du français à l’école primaire m’a permis d’apprendre une langue supplémentaire ; langue qui est devenue ma langue « maternelle » au cours des années, se substituant au cantonnais. Le collège m’a apporté l’anglais qui est devenu ma discipline d’enseignement. Cela s’est poursuivi par mon désir en tant que professeur-formatrice d’impulser la rénovation de l’enseignement des langues dans mon établissement et dans ceux de l’île et aux Comores.

Que pensez-vous des valeurs transmises dans le cadre de la scolarité dans une école française à l’étranger ?

Elles ont été fondamentales et personnellement structurantes dans ma construction identitaire et dans ma démarche professionnelle.

L’école française que vous avez fréquentée vous a-t-elle semblée ouverte à l’environnement social et culturel local ?

Non. Elle l’est plus actuellement au niveau du collège et du lycée ; de manière trop insuffisante en primaire.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes en matière d’orientation scolaire et professionnelle, compte tenu de votre expérience ?

Je conseille à mes élèves de réfléchir d’abord à l’endroit où ils voudront vivre : en France, dans le pays où ils ont grandi à l’étranger ou partout ailleurs dans le monde… car ces jeunes ont des difficultés à faire des choix compte tenu de leurs expériences de vie déjà diverses, compte tenu de leurs origines diverses (binationaux, métis, etc.).

Je leur recommande de ne pas se limiter à une seule orientation professionnelle à cause toujours de leur diversité identitaire, culturelle et autres.

L’école française : un bon souvenir ? Des regrets ?

Un très bon souvenir d’une diversité d’origines et de cultures enrichissante : des camarades de classe japonais, russes, coréens, etc.

Un bon souvenir de professeurs en majorité tolérants et ouverts mais leurs passages dans l’établissement étaient un peu courts pour qu’ils soient marqués.

Un grand regret concernant la démarche d’orientation qui était alors quasi nulle. Peu d’implication de la part des professeurs qui proposaient des démarches d’orientation exclusivement à partir des notes. Discours monopolisés sur la voie royale scientifique. Isolement de l’élève quant aux démarches d’information et d’orientation : les démarches ne pouvaient se faire qu’en France et n’étaient pas prioritaires dans le fonctionnement d’un lycée à l’époque.

 Pour conclure, je dirais que le réseau des établissements français à l’étranger m’a personnellement beaucoup apporté. Par conséquent, c’est avec beaucoup de plaisir et d’implication que je participe à son développement au niveau de Madagascar. Je souhaiterais y contribuer davantage encore et autrement sans doute.