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Chiara Deligia
Avez-vous fait toute votre scolarité dans une école française ?
En quelle année l’avez-vous quittée ?
Et le cas échéant, quel(s) diplôme(s) ?
J’ai effectuée toute ma scolarité dans les écoles françaises à l’étranger. De 1984 à 1995, à peu près : Beyrouth, Vienne, Damas, Jérusalem (BEPC) et Moscou (Bac de français). J’ai passé la dernière année et le Bac à Paris (Lycée International Honoré de Balzac).
Votre scolarité dans une école française a-t-elle correspondu à une histoire ou une tradition familiale particulière ?
Mon père travaillant pour les NU, nous nous sommes toujours déplacés au gré de ses charges, et j’étais scolarisée dans l’école française la plus proche de son lieu d’affectation.
Quel a été ensuite votre parcours d’études ? Votre parcours professionnel ?
Master en communication institutionnelle au CELSA, Paris.
Consultante auprès du WFP et de la FAO de 2001 à 2009, chargée de relations publiques à l’ONUB (Burundi) en 2004-2005, chargée de communication à la FAO (Division de la Nutrition) depuis 2010.
Pensez-vous que votre scolarité dans une école française a eu une influence sur vos choix d’études ? Sur votre projet professionnel ?
Avoir un bac français m’a permis de pouvoir facilement poursuivre mes études supérieures en France. D’autre part, mon intérêt pour la psycho-sociologie, la sémiologie et l’analyse en général est né grâce à plusieurs professeurs de français, qui m’ont transmis la curiosité d’écouter, d’analyser les paroles, les signes et de découvrir les significations et les intentions qui se cachent derrière.
Indirectement, probablement.
Quels ont été, selon vous, les apports principaux de votre scolarité dans une école française ?
N’ayant connu que les écoles françaises et n’ayant donc pas de mesure de comparaison, difficile de répondre. Cependant, je pense que comparée aux écoles américaines, par exemple, l’école française porte nettement plus d’attention aux sciences humaines (littérature, culture, histoire, etc.).
Quel a été, pour vous, l’apport de l’école française dans le domaine de l’apprentissage des langues ?
Les écoles françaises à l’étranger ont de bons enseignants de langue, car en règle générale, la langue qu’ils enseignent est la leur ou, pour le moins, ils sont bilingues, ceci grâce au fait que la plupart des enseignants sont recrutés sur place, parmi d’excellents candidats nationaux. Lors de ma dernière année de lycée, à Paris, j’ai été assez choquée de la différence de qualité de l’enseignement et compétence des enseignants : j’ai eu un professeur d’anglais cette année-là qui faisait des erreurs à chaque phrase et prétendait enseigner aux élèves ses erreurs... Ainsi qu’un professeur de philosophie qui refusait de faire cours et lisait le journal en classe.
Que pensez-vous des valeurs transmises dans le cadre de la scolarité dans une école française à l’étranger ?
Selon mon expérience, cela dépend complètement de la personnalité des enseignants et du directeur. Dans l’ensemble, j’ai eu surtout des enseignants très charismatiques et positifs, dont j’ai un souvenir fort et plein d’affection.
L’école française que vous avez fréquentée vous a-t-elle semblée ouverte à l’environnement social et culturel local ?
De nouveau, cela dépend de la personnalité des enseignants et des directeurs. Aucune des écoles que j’ai fréquentées n’avait de programme officiel (à ma connaissance) pour la connaissance de l’environnement social et culturel. Cependant, la plupart de mes enseignants étaient très motivés et organisaient régulièrement visites, sorties, travaux particuliers, en accord avec les parents d’élèves. Ceci était d’autant plus important que pratiquement aucun des élèves n’était de nationalité française, et un programme uniquement basé sur les références socio-culturelles françaises aurait été assez cocasse... La beauté et la richesse des écoles françaises à l’étranger est justement dans la possibilité de mélanger cultures, connaissances, traditions et idées, de se confronter, se découvrir, discuter...
Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes en matière d’orientation scolaire et professionnelle, compte tenu de votre expérience ?
Il est très rare de savoir ce qu’on veut faire quand on sera grand... mon choix a été celui d’être prévoyante : bien qu’étant plus portée sur les sciences humaines, j’ai choisi la filière S (bac scientifique) car c’était celle qui permettait d’avoir accès au plus grand nombre d’universités. Mon conseil est : ne soyez pas pressé de prendre des décisions, mieux vaut prendre du temps, mettre toutes les chances de son coté.
L’école française : un bon souvenir ? Des regrets ?
Un excellent souvenir, beaucoup de nostalgie, notamment pour les lycées de Damas et Jérusalem. Pratiquement tous mes ex-camarades de classe (et moi-même) sommes éparpillés aux quatre coins du monde, mais nous continuons à garder le contact via Facebook. Un seul regret : ne pas pouvoir rentrer à Jérusalem, et retrouver la même ville, les paysages, les souvenirs... À l’époque nous étions une petite classe d’une dizaine de jeunes de toutes nationalités, y compris palestiniens et israéliens, chacun avec son histoire, sa culture, ses idées politiques, mais l’école de rue des Prophètes était terrain neutre. Il n’y avait pas encore de mur, malgré les difficultés.